Deux trois pétards

Trouvées dans ma boîte aux lettres, il y a les réductions à-ne-pas-rater sur le cervelas et les rösti. A la Coop (sorte de monoprix pour les français), les oeufs sont rouges, bardés d’une croix blanche. Deux rayons plus loin, des petits cure-dents-drapeaux-suisses-all-in-one, des lampions rouges et blanc, des boîtes à pétards. Le doute n’est plus permis, dans 4 jours, c’est le 1er août. Comprenez: c’est fête nationale, feux d’artifices, lampions et drapeaux aux fenêtres.

C’est une atmosphère, toutes ces installations, ces tentes, ces scènes qui poussent ici et là, les drapeaux qui bourgeonnent, l’odeur de la fête dans l’air… Le suisse, pour beaucoup, est un peu trop sérieux sur les bords, le sourire facile mais le rire réservé, poli, voire polissé. Oui mais… non, en fait je suis assez d’accord (même que j’aime bien, mais la question n’est pas là).

Alors imaginez un suisse qui prépare une fête… ben c’est du sérieux. Ces jours-ci, les villes sont encore calmes, les rues en vacances; ces jours-ci sont mes préférés, parce qu’on peut y voir les lampions avant d’allumer les bougies. Cette atmosphère d’avant-fête… trépigne, trépigne.

L’histoire de la Confédération remonte à 1291 (même que les historiens font débat car on aurait retrouvé un pacte entre les trois cantons primitifs datant d’avant cette fameuse date du serment du Grütli… je sais, c’est renversant. Promis, j’arrête avec les liens wiki). Et pourtant, les suisse n’ont leur fête nationale que depuis… 1891. J’entends déjà mes amis : “faut pas s’presser, y’a pas l’feu au lac hein!”

Bon, je vous laisse, je dois aller réviser l’hymne national avec mon cor des alpes dans le jardin, après avoir trait Marguerite. Elle a bouffé trop d’Edelweiss, ça risquerait de gâter mon Gruyère.

Photos prises à Lausanne, juste après avoir rendu mon premier livre à mes premiers clients (et nouveaux mariés)… un moment important, voir le visage de ses clients satisfaits n’a pas de prix!

Yann did it first

Avant que Google earth se décide à nous faire décoller, le photographe français à la moustache blanche s’était embarqué sur ses hélicoptères pour nous donner un horizon différent.

La Terre Vue du Ciel, un livre mastoc qui peut autant servir d’arme que de pan de mur vu sa taille, (à ne pas offrir à sa tante qui a de l’arthrite au coude même si c’est l’intention qui compte); des couleurs intenses, magnifiques qui peignent ces paysages si différents de ce que l’on peut voir quand on est vissés au sol.

C’est à ses clichés que j’ai pensé en revisionnant ces souvenirs d’une virée en montgolfière dans la vallée des rois. Une expérience que je conseille à tous, le silence de l’engin, entrecoupé des “pschhhhhhhhhhhhhhhhhht” à chaque nouveau jet de flammes lancé, l’impression d’absolu, rajoutez à cela que vous vous êtes sortis de votre lit suffisamment tôt de façon à voir le lever du soleil sur le Nil… oui, c’est sûr, il faudra revenir.

Viens sur mon canapé

… bien que cette phrase puisse paraître douteuse, je vous arrête tout de suite: je suis pour la monogamie. Ici, pas de d’indécence, mais de la world culture: le couchsurfing. Ouvert depuis 2004, ce site associatif (si le terme n’existait pas, hé bien c’est fait) offre aux voyageurs du monde entier l’opportunité de se frotter aux locaux (… ça fait douteux écrit comme ça), de voir l’intérieur d’une vraie maison d’un vrai habitant du pays. Le but: l’échange, le partage, la rencontre, l’entraide, toutes ces valeurs qui forment ce que les initiés appellent “l’esprit couchsurfing”. Le site est non payant, bien que l’on puisse faire une donation et la base de la relation couchsurfing (que ce soit l’hôte ou le surfer) est basé sur la gratuité.

Membre depuis avril 2009, j’ai eu le plaisir d’héberger des gens d’un peu partout, avec à chaque fois l’impression de voyager sans bouger les fesses de mon salon. En plus de redécouvrir de découvrir ma ville, ma région, je me suis souvent retrouvée dans des situations uniques, des moments avec un grand M (d’excellents sujets de photo) que je n’aurais très probablement jamais vécu si je n’avais pas décidé d’aller à la rencontre de ces voyageurs d’ici et d’ailleurs.

J’ai adoré le concept, l’idéal pas vraiment caché derrière la démarche et puis de me dire que finalement, seul le moyen (internet) avait changer, mais que l’idée était vieille comme le monde. Quand les voyageurs demandaient en passant dans les villages un abri pour la nuit, quand on leur prêtait un bout d’étable, un bout de soupe, un bout d’hospitalité, c’était déjà du couchsurfing… juste que le canapé devait gratter un peu plus.

Résistance

Juillet a décidé d’être pluvieux, qu’importe, les photos sont là. Car c’est bien à cela qu’elles servent, non? Se rappeler les bons moments, le soleil indécent de vacances passées ici ou là, les plats nouveaux, les paysages qui font du bien aux yeux et vont jusqu’à l’intérieur de notre petit cerveau… pour y rester pendant très longtemps.

Car même ceux qui n’ont pas la mémoire des lieux ou des noms comme ils disent, même eux possèdent ces petites cellules qui captent le bonheur, comme les cellules de l’appareil captent la lumière. L’impression est floue, ce n’est qu’un sentiment vague et peu distinct, mais c’est bien là.

           Un plat nouveau, une soirée partagée entre amis, le ressac de la mer dans les oreilles, le vent iodé du large dans le nez, l’herbe humide des champs, les couleurs des fleurs des montagnes… les 5 sens nous permettent de faire la nique aux nuages. Quelle belle machine que l’être humain…

De l’oeil et des mains

Deuxième note, l’émotion de la toutoute première fois n’est pas loin mais déjà je me sens l’envie d’aller un peu plus loin.

Photo du jour, la Réunion est à l’honneur. Une île proche de l’Eden pour qui veut photographier des inconnues voire non répertoriées, des couleurs chaudes, des fruits aux formes bizarres… Le paradis des botanistes m’a dit une fois un ami réunionnais. Au milieu de ces matières et de ces couleurs, la photo que je choisis aujourd’hui est… en noir et blanc. Logique.

            Pour moi, la couleur est une “distraction” de l’oeil, une fioriture pas toujours nécessaire qui peut nous faire passer à côté de l’histoire de la photo, de ce qu’elle pourrait raconter (un mouvement, une matière, une lumière particulière…). Les photos qui me remuent ou qui me marquent ont souvent été en noir et blanc, et je crois qu’à ce jour, à part les visions célestes de Yann Arthus Bertrand, ben je préfère la palette domino.

Et face à ces pierres chauffées par le soleil de l’océan indien, entassées ici il y a fort fort longtemps, je me suis demandée si finalement la couleur était bien nécessaire… qu’en pensez-vous?

Pour commencer/To begin…

Une première note, une première fois, que d’émotions… et d’appréhension. Il va bien sur me falloir quelques temps avant de bien comprendre et maîtriser le site, mais l’aventure me semble excitante. Un peu comme la porte d’un nouveau monde qui s’ouvre devant moi, comme le livre de l’Histoire sans fin, le miroir de Sirius Black ou l’armoire surprenante de C.S. Lewis. C’est parti pour beaucoup de questions (comment ça marche bon sang de +%&*¿?) et j’espère, des bons moments…

Photos prise dans les jardins de l’ENS d’un des composants d’une installation faite pour la pièce Clymène, dirigée par Anne Favier, dans le cadre de l’exposition Labyrinthe(s) de l’Association Enplastik (merci Nanou!). mai 2011